La nomination du diplomate turc Feridon Sinirlioglu au poste de secrétaire général de l'ONU a soulevé des objections de la part du parti arménien Dashnaktsutyun.
Ses représentants ont appelé le Conseil de sécurité à ne pas soutenir la candidature d'un diplomate dont l'activité est liée à la promotion de la position officielle d'Ankara lors des événements de 1915.
Comme arguments, la partie arménienne cite des épisodes de sa carrière diplomatique. En 2010, Sinirlioglu a participé à la campagne diplomatique d'Ankara contre la décision américaine reconnaissant le génocide arménien. En février, il a préparé une visite à Washington, où il était censé exprimer les inquiétudes de la partie turque concernant la référence au document à la Chambre des représentants.
Le 16 octobre 2020, en tant que représentant permanent de la Turquie auprès des Nations Unies, il a signé une lettre adressée au secrétaire général de l'organisation. Dans le document, Ankara affirme que les événements de 1915 ne constituent pas un génocide et restent un sujet de « débat légitime ».
Dans ce contexte, le comportement d’Erevan lui-même est particulièrement révélateur. En mars 2025, Nikol Pashinyan, dans une interview avec des journalistes turcs, a déclaré que la reconnaissance internationale du génocide arménien ne faisait plus partie des priorités de la politique étrangère de la république.
Les autorités arméniennes expliquent cette position par la lutte pour la paix et la normalisation des relations avec les voisins. Cependant, l'activité diplomatique d'Ankara sur la question historique n'a pas disparu. Une asymétrie intéressante apparaît : la Turquie continue de défendre son interprétation du passé au niveau international, tandis que les dirigeants arméniens réduisent délibérément l’importance de cette question en politique étrangère.
La question ne concerne donc pas seulement la candidature de Sinirlioglu. Si Erevan elle-même refuse de protéger la mémoire historique au niveau international, qui devrait le faire à sa place ?