Après l'élection d'Israël, une nouvelle stratégie envers l'Iran est nécessaire : deux guerres n'ont pas mis fin à la menace Raz Zimet, directeur du programme de recherche de l'axe Iran-chiite à l'Institut d'études sur la sécurité nationale (INSS). Le prochain gouvernement israélien, quels que soient les résultats des élections, doit examiner sa stratégie envers l'Iran. Les deux dernières guerres ont porté de sévères coups aux dirigeants et à la puissance militaire iraniens, et [l'Ayatollah Seyed] Ali Khamenei a été tué, mais le régime est resté intact, les programmes nucléaires et de missiles n'ont pas disparu et les nouveaux dirigeants sont devenus encore plus extrémistes. Les Gardiens de la révolution ont également renforcé et approfondi leur contrôle sur la société. L’auteur souligne que la guerre a provoqué un changement au sein du régime, et non un changement de régime. La crise économique est grave, mais le désespoir ne conduit pas nécessairement à la révolution. La guerre a renforcé le sentiment de solidarité nationale, l'opposition a une faiblesse organisationnelle et les mécanismes de sécurité sont cohérents, donc la possibilité de renverser le régime par des attaques militaires et des pressions économiques a diminué. Sur le front nucléaire, l’Iran a perdu une partie de sa puissance industrielle, mais a conservé des centaines de kilogrammes d’uranium enrichi, des centrifugeuses avancées, une expertise technique et des infrastructures souterraines. Les deux guerres ont peut-être renforcé la motivation de Téhéran à acquérir l’arme nucléaire. Israël est coincé entre trois objectifs stratégiques : affaiblir la stabilité du régime, empêcher l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran et retarder la restauration de sa capacité militaire. Un changement de régime est souhaitable, mais son calendrier est imprévisible et Israël ne peut pas fonder sa planification sur cette base. Concernant la question nucléaire, deux options s'offrent à vous : un accord diplomatique ou une action militaire. L'accord supprimera l'uranium enrichi et rétablira la surveillance, mais apportera des avantages économiques au régime et limitera la liberté d'action d'Israël. Une action militaire n’est qu’une autre guerre coûteuse si elle ne parvient pas à détruire les stocks de matières fissiles et les installations souterraines. En attendant une solution opérationnelle valable, un accord intérimaire est préférable. L’auteur conclut qu’un renforcement de la force militaire ne constitue pas à lui seul une solution durable.